Les toitures terrasses

Retour


Introduction

Un acrotère : C’est la saillie verticale d'une façade, au-dessus du niveau d'une toiture-terrasse, ou d'une toiture à faible pente pour en masquer la couverture et permettre l'étanchéité.

Les terrasses font depuis longtemps partie du paysage familier et répondent au désir d’utiliser des mètres carrés disponibles pour profiter des beaux jours, d’un bout de végétation, d’agrandir son espace habitable.

Dans les villes, cependant, la jouissance d'une terrasse est longtemps restée un luxe inaccessible ou non envisagé.

L'évolution des techniques, en se mettant au service de l'homme, a ouvert l'éventail des possibilités : solutions originales, aménagements modulaires, créativité décorative, tout en offrant une excellente fiabilité.

Pour raison d'esthétisme relatif à la forme de l'enveloppe du bâti, certains types de réalisations, telle qu’une extension, amènent à couvrir la construction d'une toiture terrasse. Généralement cette dernière est seulement recouverte par un dispositif d'étanchéité multicouche. On parle alors de toiture terrasse inaccessible (à la circulation piétonnière sauf pour l'entretien ou les réparations). Elle nécessite un choix de matériaux approprié permettant l’étanchéité

Mise en œuvre toiture terrasse :

On peut réaliser une toiture terrasse isolée sur un système porteur en bois, il suffit que la structure soit suffisamment rigide.

Pour le cas d’une structure porteuse en bois, le procédé est assez simple, le plafond est support de l’isolant et la structure de la toiture sera réalisée avec des solives qui reposent soit sur les murs périphériques soit sur les muraillères.

Ensuite, le contreventement est assuré par des panneaux (CTB-Hydrofuge) de 22mm minimum qui couvrent la totalité de la toiture avec une forme de pente de 3%.

On place ensuite un pare-pluie, une couche d’isolation, un film de bitume et une protection de l’étanchéité (couche de gravillons, galets, terre de culture, substrat de culture avec billes d’argile expansée, plots pour accueillir des lames de bois ou autres).

Détail de principe, en coupe, d'une toiture terrasse :

1. Couvertine

2. Bardage

3. Tasseaux

4. DWD ou OSB

5. Bois de structure

6. Isolant 150mm

7. BA 13mm

8. Protection gravillons

9. Equerre

10. Isolant de toiture

11. Film de bitume

12. Pare-pluie et CTB-H 22mm

13. Isolant 250mm

14. Suspente pour BA 13mm

Source Amnios

  •  Généralités sur les différents types de toiture

On distingue 3 types de toiture :

La toiture chaude : la toiture chaude désigne la toiture plate dont l’isolant thermique est placé sur le support sans lame d’air entre les différentes couches. La membrane d’étanchéité est posée sur l’isolation, avec ou sans couche de désolidarisation selon les cas, et éventuellement lestée. Dans la plupart des cas, un écran pare-vapeur performant doit être interposé entre le support et l’isolant, en respectant les conditions de mise en œuvre.  (1 : lestage éventuel de la toiture; 2 : membrane d’étanchéité ; 3 : isolant thermique ; 4 : pare-vapeur ; 5 : support ; 6 : plafond)

La toiture inversée : La toiture est dite “inversée” lorsque l’isolation thermique est posée sur l’étanchéité qui, de ce fait, joue le rôle d’écran pare-vapeur. L’isolation thermique, quant à elle, protège l’étanchéité du refroidissement nocturne et des rayons ultraviolets. Elle doit cependant être lestée par du gravier ou des dalles sur plots, le poids du lestage devant s’opposer au soulèvement ou à la flottaison des panneaux d’isolation thermique. ( 1 : lestage ; 2 : natte de protection ; 3 : isolant thermique ; 4 : membrane d’étanchéité ; 5 : béton de pente ; 6 : support ; 7 : plafond)

 

La toiture froide : la sous-face de l'élément porteur comporte une lame d'air qui communique avec l'extérieur. La toiture froide est une toiture plate dont l’isolant thermique est séparé du support de l’étanchéité par une lame d’air ventilée au moyen de l’air extérieur. Jadis régulièrement mis en œuvre, ce système est aujourd’hui à proscrire. Les toitures neuves réalisées suivant ce principe sont considérées de conception incorrecte. Dans le cas où la couche d’air ne serait pas ventilée du tout par de l’air extérieur (ni intérieur), on pourrait considérer que la disposition en toiture froide serait acceptable. S’impose toutefois la condition impérative que le pare-vapeur interposé du côté chaud de l’isolant thermique soit parfaitement mis en place, donc de préférence sur un support continu. (1 : lestage éventuel ; 2 : membrane d’étanchéité ; 3 : support ; 4 : lame d’air ventilée ; 5 : isolant thermique ; 7 : plafond)

Isolation phonique et thermique

Il faut retenir que dans le cas d'une maison à ossature bois le type toiture chaude est privilégié par les hommes de l'art, car il apporte simultanément une bonne réponse au regard de l'isolation phonique et de l'isolation thermique..

Pente de la toiture terrasse

Les toitures terrasses ne sont pas tout à fait plates. Pour éviter les retenues d'eau et favoriser l'écoulement de cette dernière vers les égouts, elles possèdent une pente de 1 à 5 %.

Surcharges dues à l'acrotère

L'acrotère (prolongement d'un mur de façade au-dessus d'une toiture en terrasse), peut occasionner en cas de mauvais fonctionnement des égouts des accumulations de pluie ou des surcharges de neige. Il est nécessaire que la valeur des descentes de charges à supporter par les structures soit majorée en conséquence lors des calculs de résistance des matériaux.

Principe d’une paroi à ossature bois avec une toiture avec acrotère.

1 - Couvertine métallique

2 - Bardage

3- Lame d'air ventilé (tasseau)

4 - Voile travaillant vertical (OSB)

5 - Isolation thermique

6 -Traverse basse

7 - Isolation thermique (Haute densité)

8 - Solive de rive / Chaînage du plancher

9 - Lisse haute

10- Parement intérieur

11 - Plaque de plâtre (plafond)

12-Tasseau horizontal

13 - Isolation phonique (Haute densité)

14- Solive de plancher

15 - Voile travaillant horizontal

16 - Etanchéité autoprotégée

 

Doc CETE Lyon

La liaison entre paroi ossature bois et toiture plate

Entre les pièces composant la toiture et celles formant la paroi, un soin particulier doit être apporté à l'étanchéité et à la ventilation de la paroi et du couronnement de l'acrotère.

L'acrotère doit être recouvert par un couronnement métallique en zinc, cuivre ou inox. La pièce de couronnement d'acrotère assurera la ventilation de la contre-face du bardage. Le pare-pluie recouvrant la lisse haute d'acrotère assurera l'intégrité de l'étanchéité de toiture.

  •   Structure de l’acrotère

Les différentes couches peuvent différer selon les cas. Cependant, en règle générale, on distingue en partant du support porteur vers l’extérieur:

 

1 - L’élément porteur: Partie supérieure résistante du gros œuvre de la toiture qui, constitue elle-même le support du revêtement. De divers types, en bois. C’est le support de la toiture terrasse.

 

2 - L’écran pare-vapeur : Il permet d’empêcher l’humidité existant à l’intérieur des locaux de pénétrer dans l’isolant thermique, ce qui en détruirait les propriétés (isolantes, mécaniques en cas de gel) et protège ainsi l’isolation des vapeurs d’eau provenant de l’intérieur du bâtiment. Couche de protection d'un isolant vis-à-vis de la vapeur d'eau migrant de l'intérieur du bâtiment vers l'extérieur. Il est placé sous l'isolant thermique.

3 - L’isolant thermique : assure la protection thermique de la toiture terrasse. Produit destiné à limiter les échanges thermiques entre l'intérieur et l'extérieur d'un bâtiment : pertes de chaleur de l'intérieur vers l'extérieur en hiver, mais aussi échauffement estival du local.

Un isolant support d'étanchéité protège thermiquement l'élément porteur et limite les déperditions thermiques du local.

Un isolant thermique est composé de matériau enfermant de l'air sec et immobile : laines minérales (de roche ou de verre), verre cellulaire, mousses plastiques, perlite, etc.

Il est caractérisé par sa résistance thermique R (rapport de sa conductivité thermique Lambda à son épaisseur e).

Peut être appelé isolant thermique tout matériau dont Lambda est inférieure à 0,065 W/m°K

Il peut être en polystyrène expansé, mousse de polyuréthanne ou autres mousses. L’isolation peut être normale : isolant sous le revêtement d’étanchéité, ou inversée, l’isolant thermique est placé au-dessus de l’étanchéité.

 

4 - Le revêtement d’étanchéité : contribue à rendre l’ouvrage imperméable à l’eau provenant de l’extérieur. Il peut être de différents types : chape ou revêtements multicouches, asphalte, bitume, associations bitume-polymères ou bitume-élastomère Styrène-butadiène-styrène SBS, revêtements monocouches minces ou membranes d’étanchéité, ou enfin produits d’étanchéité liquides. Le revêtement d’étanchéité est relevé en parties verticales (acrotères, etc.).

 

5 - L’écran d’indépendance : facilite l’adhérence du revêtement d’étanchéité à son support. Couche destinée à éviter l'adhérence du revêtement d'étanchéité à son support (en partie courante) afin d'éviter la transmission des efforts mécaniques au support. Il sert à désolidariser le revêtement d’étanchéité de l’élément porteur ou du support, afin que le revêtement d’étanchéité puisse jouer librement.

 

6 - La protection du revêtement : matériaux placés au-dessus du complexe, qui assure sa protection et contribue à l’esthétique de la toiture terrasse. Ensemble des matériaux placés au-dessus de l'étanchéité pour la protéger :

- des effets de la circulation

- des agents atmosphériques (froid, chaleur, gel, oxygène de l'air, rayonnement UV...)

On distingue

- protection lourde rapportée, par matériaux meubles (granulats) ou durs (dalles, carreaux, pavés, asphalte coulé gravillonné...)

- autoprotection (feuille métallique, ou granulés minéraux), appliquée en usine en surface du revêtement

Elle peut être dure – on dit lourde – (dalles rigides par exemple en béton, panneaux de bois) ou meuble (par exemple gravillons) sur les parties courantes.

 

7 – Autoprotection latérale : Lorsque la protection vis-à-vis des agents climatiques ou mécaniques est obtenue par des matériaux déposés en usine sur le matériau d’étanchéité :

-  autoprotection par une feuille métallique mince (aluminium, cuivre, inox, etc.) ;

-  ou autoprotection minérale par des paillettes d’ardoise ou autres granulés. L’autoprotection qui est colorée a aussi un rôle décoratif, vue d’en haut.

  •   Evacuation des eaux pluviales :

Le risque majeur d’un acrotère est l’infiltration d’eau. Tout au long de la réalisation d’un acrotère et d’une toiture terrasse, un soin particulier devra être apporté à l’étanchéité.

Il faudra vérifier que les pentes de l’acrotère permettent bien l’évacuation des eaux pluviales vers un point précis et qu’il ne peut pas se former de zone d’accumulation d’eau qui au fil du temps permettrait une infiltration.